Après la crise, quel horizon pour les jeunes ?


par Edouard Fillias et Sabine Herold, le 12 avril 2006

Pour Alternative Libérale, la colère de la jeunesse a bien peu de chances d’être définitivement apaisée par le retrait du CPE. Le gouvernement a mangé son chapeau, mais l’ «exception française» ne disparaît pas pour autant : un chômage dramatiquement élevé qu’une politique de l’emploi, pourtant la plus coûteuse des pays développés, ne réussit pas à réduire. La France court sur un tapis roulant, en sens inverse…

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont mangé leur chapeau. La réforme, encore une fois, est à l’eau. Heureusement, la France n’a rien perdu, tant le CPE était une proposition en demi-teinte : injuste, inefficace, insuffisante, mal défendue parce qu'indéfendable.

Drôle de défaite, tant il est difficile d'identifier le moindre vainqueur dans cette affaire. Les compteurs sont remis à zéro et la désespérance peut suivre son cours : nulle solution à l'horizon du cuisant problème de l’emploi des jeunes. Nulle solution à ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « terrible exception française ». Juste beaucoup de bruit pour rien.

Depuis des semaines, des centaines de milliers d’étudiants défilent dans les rues des villes de France. On peut protester contre les blocages illégaux des lycées et des facultés, s’indigner des manipulations de syndicats anachroniques qui ne représentent qu'eux-mêmes et des actions « coup de poing » menées par des étudiants aussi minoritaires qu'exaltés, on peut se lamenter sur la difficulté de réformer notre pays tant qu’on veut : il nous faut bien entendre cette colère de la jeunesse, qui s’impose désormais à chacun d'entre nous comme une douloureuse évidence.

Ces manifestations et leurs débordements sauvages, comme les émeutes de novembre dans les banlieues, comme le taux d’abstention de 40% chez les jeunes au premier tour de la dernière élection présidentielle, comme le nombre des expatriés parmi nos diplômés les plus brillants expriment le même constat: notre jeunesse ne soit voit pas d'avenir en France.

Qui pourrait le lui reprocher ? Quelle France s’offre aujourd’hui au regard d’un jeune de 20 ans ? Une France sclérosée, dirigée par des hommes politiques inamovibles depuis des décennies, souvent plus âgés que ses grands-parents… Une France au bord de la banqueroute qui lui annonce qu’il devra payer sa retraite, mais aussi celle de ses parents, que ses cotisations santé ne cesseront de croître et ses remboursements de décroître, qu’il faudra bien rembourser une dette consciencieusement accumulée par les générations précédentes… Une France qui lui a permis d’étudier la sociologie sans se soucier de savoir s’il pourrait un jour vivre de ce savoir accumulé. Une France qui, faute de courage pour se réformer, ne crée pas d’activité et l’accule au sous-emploi, sinon au chômage de longue durée… Une France sans valeurs qui se dit Patrie des Droits de l’Homme et s’allie aux pires dictatures.

A bien y réfléchir, il est finalement étonnant que les jeunes ne se rebellent pas davantage pour imposer, à une société qui se moque de leur sort, les changements qui lui ouvriraient enfin la voie d'un avenir confisqué.

Face à cette situation de crise, la classe politique actuelle est impuissante. Comment ceux qui, par leurs erreurs successives, ont conduit la France au bord du gouffre, seraient-ils à même de l’en sortir ? On ne résout pas les problèmes avec ceux qui en portent la responsabilité.

Quand à l’homme providentiel, ce chef éclairé dont certains attendent qu’il nous trace un chemin, il n’existe pas, parce qu’il ne peut pas exister, sinon dans l'imaginaire de ceux qui sont prêts à renoncer au défi démocratique.

Comment un homme, aussi talentueux et bien intentionné soit-il, serait-il capable de répondre aux problèmes et aux préoccupations de 60 millions de Français, de 60 millions d’histoires personnelles uniques, de 60 millions d’individus aspirant à des vies différentes ?

C’est un autre modèle de société que notre pays doit aujourd’hui imaginer, avec cette jeunesse. Un modèle auquel elle pourra adhérer, dans lequel elle pourra se reconnaître et s'investir. Un modèle qu'elle puisse désirer.

Ce gant que la jeunesse jette à terre depuis des mois, Alternative Libérale le relève. Notre parti est jeune, comme ses dirigeants ; il porte un projet neuf, celui d’une société du libre choix, celui d’un Etat au service de ses citoyens et non des citoyens au service de l’Etat. C’est la Démocratie et la Liberté qu’il nous faut réinventer.

Nous sommes des libéraux « grand angle », parce que la Liberté ne peut se compartimenter entre l’économie, la société et les valeurs.

Dans tous les domaines, nous voulons redonner aux Français la liberté et l'indépendance qui leur ont été confisquées : liberté de choisir l’école de ses enfants, liberté de négocier ses conditions de travail, liberté de choisir son assurance maladie, liberté d’exprimer ses idées, liberté de choisir son mode de vie, liberté de devenir propriétaire de son logement. La France meurt de ses entraves à la liberté.

D’aucuns voudront nous classer à droite, d’autres à gauche. Et si nous étions simplement… libéraux ? Et si la France cessait de regarder sa vie politique sur un mode binaire pour oser l’imaginer en trois dimensions ? Le FDP allemand, les Progressive Democrats irlandais et bien d’autres ont fait la démonstration que la vie politique des grand pays démocratiques ne pouvait se limiter à l’affrontement stérile des blocs conservateur et socialiste. Nous incarnons cette nouvelle dimension du débat public.

Depuis l’annonce de la création d’Alternative Libérale, des centaines de jeunes Français nous ont rejoints. Dans chaque région, dans plus de 70 villes, nos comités locaux et comités étudiants s'organisent.

Nos valeurs sont fortes, notre détermination est profonde. Nous porterons haut et fort notre message et nos propositions, fondées sur les valeurs de Liberté et de Responsabilité, dans l’arène politique. Lors des prochaines échéances électorales, présidentielles, législatives et municipales, une nouvelle voie, authentiquement libérale, sera présentée aux Français.

L’Alternative Libérale est en marche : rejoignez-la !

Edouard Fillias (Président d’Alternative Libérale) et Sabine Hérold (Porte parole d’Alternative Libérale)