Le vaudeville du CPE |
Communiqué de presse - 6 avril 2006 |
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Avec Dominique de Villepin dans le rôle du cocu, Nicolas Sarkozy en amant caché dans le placard et un Président de la République aux monologues amphigouriques, la crise du CPE a désormais tourné au vaudeville, dans la grande tradition du boulevard parisien. Malgré les violences inacceptables qui continuent d'émailler les manifestations étudiantes, et en dépit du triste spectacle d'un gouvernement divisé, œuvrant désormais à empêcher l'application des lois qu'il a lui-même préconisées, il nous faut constater que la crise actuelle a définitivement viré au burlesque. Comment, en effet, ne pas rire des mésaventures du premier ministre ? Accoucheur au forceps d'une loi mort-née, cocufié par un président de la république incapable de le soutenir, le voilà impuissant face à un ministre de l'intérieur survolté. Nicolas Sarkozy, caché dans le placard et toujours en embuscade, est devenu en un tour de passe-passe le ministre de l'intérieur le plus puissant de l'histoire de la 5e république. Et que penser d'un président si changeant, si indécis, que son intervention télévisée, loin d'apaiser les tensions, les exacerbe ? Le ménage à trois est en train de virer au cauchemar, devant un public médusé et désespéré. Finalement, on peut s'étonner que la jeunesse française ne se révolte pas davantage. Avec une représentation nationale discréditée, une présidence décrédibilisée et une UMP toute-puissante, la paralysie de nos institutions est désormais totale. Le CPE ne constitue que le dernier acte d'un divorce définitif entre nos concitoyens, d'autant plus frustrés qu'ils sont jeunes, et un pouvoir toujours plus déconnecté des réalités. À un nouveau contrat de travail unique, flexible et juste, M. de Villepin a préféré une énième loi illisible, inefficace et irréaliste. Loin de le soutenir, la jeunesse française exprime aujourd'hui sa volonté de changement et son désir d'en finir avec le chômage de masse et la précarité. Il est temps que le rideau se referme sur ces marivaudages. Au-delà de la réforme nécessaire du droit du travail, notre pays doit engager un véritable débat sur la refondation d'institutions épuisées. Les Français méritent une démocratie. |