Le CSA: Censure Supérieure de l'Audiovisuel


Communiqué de presse - 17 juin 2006

Dans quel camp, le CSA classera-t-il le candidat d’AL à l’élection présidentielle ? A la suite de l’affaire UDF-CSA, Alternative Libérale dénonce cette institution liberticide qui, sous prétexte de “respect du temps de parole”, assure au pouvoir une maîtrise toujours plus grande de l’information.

A la suite de la polémique qui a éclaté hier entre François Bayrou et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, c’est le “Grand Courant” de pensée libéral qui s’indigne.

Comment juger crédible que cette institution, qui dépend du pouvoir politique et de l’Etat, puisse contrôler « La libre communication des pensées et des opinions… l’un des droits les plus précieux de l'homme » selon l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?

Si les chaînes hertziennes, notamment publiques, ne sont pas jugées indépendantes, en vertu de quoi le CSA le serait-il davantage ?

Comment croire au sérieux des critères établis ? Sur lesquels se base-t-elle pour dire si un candidat se trouve dans l’opposition ? Les critères permettent aux partis de communiquer dans des émissions « dont la thématique exclut le traitement de l'actualité politique » (dixit le CSA) hors calcul du temps de parole : c’est large ! Le temps de parole sur TF1 à 20h00 a-t-il le même impact que dans une émission tardive sur Arte ? Qu’en est-il de l’intervention fréquente mais non comptabilisée de soutiens quasi officiels à certains partis tels que la CGT pour le PCF, ou ATTAC pour l’ensemble de l’extrême gauche ?

Au-delà, c’est la pertinence du concept de majorité et d’opposition que nous mettons en cause. Dans une démocratie riche, la représentation politique ne peut se résumer à une binarité gauche-droite qui ne signifie plus grand-chose au regard des derniers scrutins. Les sensibilités politiques sont diverses dans notre pays et les libéraux ne sont pas la moindre. Dès lors, répartir les temps de parole selon un critère majorité-opposition n’a aucun sens.

Alors que le poids des chaînes hertziennes diminue à côté des nouveaux médias (satellite, câble, Internet, etc.), on comprend l’absurdité du système et on voit clairement que le CSA n’est autre chose qu’un appareil de censure aux mains du pouvoir en place. Ce qui arrive à l’UDF le confirme pour ceux qui en doutaient encore.

Pour Alternative Libérale, c’est aux médias eux-mêmes de choisir en toute liberté les sujets qu’ils souhaitent traiter et ce n’est pas aux technocrates de décider de ce que le public devra regarder. Il existe suffisamment de médias différents pour que la diversité et le temps de parole de chacun soient représentés.

Pour toutes ces raisons, Alternative Libérale dénonce l’attitude du CSA et réclame, sans illusion, la suppression de cette institution digne d’une dictature.

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