Intervention de Didier Salavert |
Congrès Fondateur d'Alternative Libérale, 14 mai
2006 |
> Voir la vidéo > Retour Nous pensions assister à une fin de règne et c’est une fin de régime. Quand il n’existe pas d’issue à la paralysie de l’exécutif autre que l’attente résignée des échéances électorales. Quand le peuple ne se sent plus représenté quel que soit la majorité parlementaire. Quand les juges confondent indépendance de la justice et irresponsabilité personnelle. Comment le peuple de France peut-il encore avoir confiance dans ses institutions ? Notre Constitution fut taillée pour un homme trop grand pour ceux qui s’y sont glissés après lui. Son autorité disparue, les clercs ont pris le pouvoir et n’ont eu de cesse depuis d’annihiler, de paralyser ou de soudoyer les contrepouvoirs. Sans autre projet que leur propre pouvoir, ils ont laissé la loi devenir l’esclave des mœurs et des intérêts particuliers. Ainsi les Français n’ont plus d’autre choix que de participer à la curée ou de se replier sur eux-mêmes, revenus de tout et disponibles aux discours les plus démagogiques Si j’ai cofondé Alternative Libérale, c’est parce que je veux une seconde chance pour mon pays, pour sa démocratie. Ceux qui pensent que les libéraux se désintéressent des institutions se trompent car ils confondent les institutions et l’état. Les libéraux se méfient de l’état car il n’a de cesse d’empiéter sur ce qu’ils chérissent le plus : la liberté individuelle. Notre état réduit chaque jour la liberté et la responsabilité de chacun et parallèlement il accroît son propre pouvoir. Reconnaissons aux clercs qui ont investi l’état, une idée de génie : ils ont appelé leur vaste entreprise de confiscation de la démocratie : le modèle social français. Car c’est bien la démocratie qui est confisquée quand un modèle social profite à une minorité abritée derrière ses privilèges, quand il donne un monopole de représentativité à des syndicats qui ne représentent plus qu’eux-mêmes ou les pires conservatismes, quand il est financé par une génération au profit exclusif d’une autre, quand la majorité est surexposée à la précarité pour qu’une minorité soit totalement protégée de cette précarité. Que sont des institutions fortes pour des libéraux ? Ce sont d’abord et avant tout des institutions qui garantissent une vraie démocratie, c’est-à-dire une représentativité réelle des français. Que signifient un parlement et un gouvernement dont la majorité des membres est issus de la fonction publique ? Que signifie des représentants du peuple devenus des apparatchik des partis du fait de la loi électorale ? Que signifie une classe politique qui peut s’enraciner pendant 50 ans alors que son incompétence est flagrante ? Que signifie un secret défense dans une affaire de financement de contrat international ou un budget de l’exécutif qui échappe en totalité à tout contrôle ? Ceux qui pensent aujourd’hui que la France peut faire l’économie d’une réforme profonde de ses institutions sont ceux qui pensaient comme Gorbachev que le système soviétique pouvait être réformé à la marge. Ils ne voient pas, ou ne veulent pas voir, que le redressement de notre pays passe par plus de démocratie et donc une réforme des institutions qui organisent cette démocratie. Didier Salavert |