Créé en 2006, ce parti rassemble des membres de l'ancien mouvement Démocratie libérale (DL), d’Energie démocrate, et de l’association «Liberté chérie». Et aujourd’hui, Alain Madelin n’est plus qu’un parrain éloigné. «Il a apporté son soutien à notre candidat à la présidentielle de 2007 et sera présent à notre congrès de campagne, le 26 avril», explique Sabine Herold.
Aujourd'hui, Alternative libérale est d'abord «un parti de jeunes actifs», «plus urbain que rural». La moyenne d’âge du comité de direction est de 35 ans et sa présidente (27 ans) serait, selon son équipe, «la plus jeune tête de liste aux européennes du pays». Le mouvement revendique 1.500 adhérents («quand les Verts stagnent à 4.000 après vingt-cinq ans d'existence!»), dont les cotisations et les dons assurent le financement.

Leur message est simple. En ces temps de crise économique et sociale, pas question de laisser le curseur de l’interventionnisme se déplacer vers «un Etat de plus en plus présent». Sur leurs brochures, le ton est donné dans les photos-légendes: «Sabine et José Manuel Barroso», «Sabine et José Maria Aznar».
Mais faire l'éloge du libéralisme en pleine crise financière, c'est vendeur? «Il faut d'abord expliquer les causes de la crise. Ce n’est pas la faute du modèle de régulation, à l'origine de cette crise financière, il y a une faute de l’Etat, affirme la présidente d'«A.L.». Puis il faut montrer que l’interventionnisme est inefficace et dangereux car l’Etat n’a pas d’argent.»
La jeune femme l’assure, son mouvement connaît «un regain d’intérêt aujourd’hui». «Beaucoup de déçus du sarkozysme nous rejoignent, mais aussi des gens qui ne votaient pas, des ex-UDF qui ne se reconnaissent pas dans le Modem, des libéraux-sociaux déçus par le PS. On est les seuls à porter un discours de rupture! Sarkozy, c’est le dirigisme, la tradition bonapartiste française.»
Et ne leur dites pas qu'ils sont de droite. «Nous concevons l'échiquier politique comme un triangle avec les libéraux, les conservateurs et les socialistes», insiste la présidente du mouvement.
«La rupture de Sarkozy, c'était du vent!»
Tête de liste du parti dans l'Est, Gilles Laurent, jeune entrepreneur de 26 ans, a quitté l'UMP, où il avait adhéré en 2006. «Deux ans après l’élection de Sarkozy, la rupture n’a pas eu lieu, c’était du vent, constate-t-il. Les réformes vont dans le mauvais sens, comme le plan de relance budgétaire ou la suppression de la publicité sur France Télévisions. Ce ne sont que des demi-mesures (les 35 heures, les régimes spéciaux). Sarkozy avait promis l’équilibre budgétaire en 2012. Or cette année, on a atteint un déficit record!»
Pour Sabine Herold, «Nicolas Sarkozy a perdu le soutien de sa base électorale de 2007 car après deux ans on s’aperçoit qu’il n’y a plus de réformes et un interventionnisme accru dans l’économie. La crise permet de distribuer de l’argent à coups de plans de relance et de creuser le déficit. Et qui en profite ? Pas le PS (…), mais les extrêmes, on l’a vu aux Antilles, et notamment le NPA, un parti populiste qui instrumentalise la misère sociale».
Leur projet, qu'ils présenteront le 4 avril, s'articule autour de trois axes. «1) Lutter contre la crise: les plans de relance ont échoué, la dette a atteint près de 60% du PIB et il ne faut pas retourner dans le protectionnisme, qui mène à la guerre. 2) Augmenter le pouvoir d’achat avec la fin des monopoles publics (SNCF, La Poste) et privés (le démantèlement des cartels qui s’entendent sur les prix). 3) Garantir les libertés individuelles.»
Leur slogan? «L’Europe c’est vous». «L'Europe a apporté la liberté de circulation et la fin des monopoles, mais c’est aussi une bureaucratie qui veut réglementer notre quotidien, explique la présidente d'«A.L.». Elle doit redevenir plus proche des citoyens, mais c’est aussi à nous de la reprendre en main et d'en faire notre meilleur rempart contre la tentation interventionniste.»
Sa campagne, Alternative libérale compte la mener au maximum sur le net, via son site dédié aux européennes (votre-europe.fr) et son réseau social. «Une centaine de blogueurs mettent chaque jour en ligne des dizaines de textes et nous misons sur l'utilisation des outils de partage que sont facebook, Twitter, Flikr, Dailymotion et Youtube», explique Sabine Herold qui assure vouloir «faire de la politique décalée, rock n’roll».
Le mouvement mise sur un score «entre 3 et 5%». Pour l'instant, il ne pèse pas lourd dans l'Hexagone. Il ne compte qu'une dizaine de conseillers municipaux et cinq conseillers généraux. Les déçus de la «rupture» promise par Sarkozy seront donc plus que les bienvenus.
20 Mars 2009, Par Marine Turchi


