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Sud Ouest | Faut-il une loi pour interdire les parachutes dorés ?

Sud Ouest publie deux avis sur l'interdiction des parachutes dorés. Sabine Herold est Présidente d'Alternative Libérale, Jean-Marie Harribey est Président d'Attac.

"Une affaire comme celle de Valéo est évidemment choquante. Choquante moralement, car Valéo demande de l'argent à l'État avant d'accorder une indemnité de départ importante à Thierry Morin. Mais encadrer les « parachutes dorés » ou la rémunération des dirigeants n'a pas de sens. Il existe plusieurs situations autour de ces rémunérations, elles dépendent de la responsabilité des entreprises. Si les parachutes dorés sont choquants quand il s'agit d'entreprises aidées par l'État, c'est bien dans l'aide de l'État que se trouve le vice. L'État ne devrait pas intervenir dans ces situations-là et laisser le marché se réguler. Pas plus qu'il ne devrait aider les banques. Il n'est pas normal qu'on socialise les dettes et qu'on privatise les profits.

La législation sur la suppression de ces indemnités de départ ou des stock-options est un faux problème. C'est un choix qui doit revenir à l'entreprise, par l'intermédiaire du conseil d'administration, de manière contractuelle avec ses dirigeants. Ce qu'il faut, c'est plus de transparence dans les rémunérations. En France, on fait souvent des lois sous le coup de l'émotion. Du coup, on fait des lois générales, non discriminantes. Ce qui est bon pour une grande entreprise ne l'est pas forcément pour une PME. Ce qui est plus choquant, c'est surtout le capitalisme de connivence, les politiques dans les grandes entreprises, et inversement. "

sabine herold  


"Avec cette affaire de parachute doré, éclatent au grand jour des réalités dénoncées depuis longtemps. Il y a un problème avec les formes de rémunération des patrons qui sont en adéquation avec le capitalisme financier. On voit se développer des rémunérations qui dépassent l'entendement, comme les stock-options ou ces indemnités de départ.

Il faut donc évidemment légiférer pour encadrer ces processus, mais ce n'est pas seulement sur les parachutes dorés, ou sur la rémunération des grands patrons qu'il faut légiférer. C'est sur l'ensemble du système capitaliste. Il faudrait contrôler les mouvements de capitaux, supprimer les paradis fiscaux, encadrer les marchés. Sans ça, les mêmes causes produiront les mêmes effets et on se retrouvera dans quelques années avec une crise semblable à l'actuelle.

Avec une loi, il ne s'agit pas de moraliser le capitalisme, on ne peut pas le moraliser, ces excès sont dans sa nature même. Il faut simplement arrêter de promouvoir la marchandisation à tout va.

Il faut légiférer, oui, mais ça ne suffira pas, il faut enlever le pouvoir de nuisance aux actionnaires. La relation contractuelle entre les dirigeants et les actionnaires, c'est une excuse, ils ont des intérêts communs. Ce mode de régulation n'est pas tenable."

jean-marie harribey