Face au réchauffement climatique qui menace notre planète, devant la raréfaction des ressources naturelles, la disparition des derniers espaces vierges et les menaces sur la biodiversité, l’espèce humaine doit réagir pour infléchir une trajectoire hasardeuse. C’est notre seule chance de léguer aux générations futures une planète vivable.
En tant que candidat libéral à l’élection présidentielle, j’ai été sollicité par Nicolas Hulot pour signer le Pacte Ecologique. La démarche de cet homme engagé au sein de la société civile ne peut que séduire le libéral que je suis. Il a réussi à remettre l’écologie au cœur du débat politique, au-delà des traditionnelles querelles de boutiques écolos qui amusent habituellement les gazettes par leurs éternelles dissensions.
Je ne signerai cependant pas le pacte écologique de Nicolas Hulot. J’ai l’intime conviction que, dans leur grande majorité, les mesures proposées n’apporteront aucune amélioration tangible. Pire, certaines d’entre elles auront des conséquences aussi redoutables que les dangers contre lesquelles elles sont supposées nous préserver. Elles procèdent d’une logique étrangère à mes valeurs et à ma vision de la personne.
Cette non signature, décidée après une longue réflexion en équipe au sein de notre jeune mouvement, Alternative Libérale, est presque unique dans le paysage des candidats à l’élection présidentielle. Elle nous fait courir le risque d’être mal compris par une opinion qui a pour Hulot les yeux de Chimène. Je prends le risque de ce choix, certes médiatiquement incorrect, mais que je crois conforme à nos convictions. Je crois que l’écologie n’appartient plus à un homme ni à un parti, dès lors, je me sens libre d’affirmer qu’une autre vision de l’écologie est possible.
Je crois en effet que Nicolas Hulot fait insuffisamment confiance au progrès technique pour trouver des solutions aux défis de l’environnement. Il me semble par ailleurs que certaines de ses propositions s’inscrivent dans une logique de rationnement : le retour en arrière de la décroissance, tout comme la correction obligatoire de nos modes de consommation est une utopie vaine, pas une réponse sérieuse aux problèmes écologiques. Enfin, il apparaît que Nicolas Hulot accorde une confiance excessive aux pouvoirs publics en voulant créer un poste de « Vice Premier Ministre ». L’Etat, encore une fois, n’est probablement pas le mieux placé pour mener cette bataille qui nous concerne tous.
La solution n’est pas l’Etat
Quand Nicolas Hulot propose la création d’un poste de vice Premier Ministre en charge du développement durable, je demeure sceptique. Il s’agit d’une disposition facile à mettre en place, mais on peut légitimement s’interroger sur son efficacité. Comment faire pour qu’elle soit autre chose qu’une charge honorifique ? Les différents ministères de l’écologie nous ont clairement montré à quel point il était difficile d’imposer des changements de comportement par le haut. Qui peut se souvenir d’une seule mesure prise par l’un de ces ministères ? Qui connaît, en France, le nom de l’actuelle ministre de l’environnement, la pourtant respectable Nelly Ollin. C’est là une vision très centralisatrice du pouvoir et des solutions écologiques, auquel un libéral ne saurait souscrire.
Le développement durable n’est pas une science
Je suis choqué par la mesure visant à imprégner tous les programmes scolaires de l’esprit du développement durable. L’écologie n’est ni une science exacte, ni une religion. Elle n’a pas de légitimité pour devenir un nouveau catéchisme et personne en la matière ne peut prétendre détenir une vérité révélée sauf à vouloir abuser nos concitoyens. Le développement durable ne saurait être élevé au rang de savoir : il s’agit là d’une intrusion de la politique et du débat public dans les manuels de nos chères têtes blondes. C’est plutôt dans les pays totalitaires que l’on inculque des dogmes à force de répétition. Ce n’est en aucun cas ma conception de la formation d’un individu libre et responsable.
L’impôt n’est pas la solution
La mise en place d’une taxe carbone suscite de ma part une très vive opposition de principe. L’ambition de réduire nos émissions de CO2 est louable. Mais nous découvrons tous les jours que bien d’autres gaz sont responsables de l’effet de serre. La vapeur d’eau concentre bien davantage les rayonnements solaires que le dioxyde de carbone et les sous-produits de l’agriculture participent fortement au réchauffement de la planète. Pourquoi dès lors ne s’attaquer qu’au seul CO2, en prenant une mesure dont les conséquences sont pourtant évidentes ? En augmentant de manière drastique la taxation sur l’essence, on empêchera purement et simplement nos compatriotes de se déplacer. Même si l’heure est grave, personne ne peut se satisfaire d’une mesure qui frappera de plein fouet et en priorité les plus modestes d’entre nous, qui ont besoin de leur véhicule, ne serait-ce que pour aller travailler. Je préfère mettre l’accent sur le développement d’énergies alternatives et innovantes comme les biocarburants, quitte à renoncer à quelques recettes fiscales. L’Etat Français est en effet particulièrement intransigeant sur l’utilisation de biocarburants. Récemment un Maire courageux, Jérôme Cahuzac, a bravé la loi pour faire rouler ses véhicules municipaux au diester. Au profit de qui l’Etat maintient-il ses interdictions d’utiliser tout autre carburant que le pétrole ? Du fisc ? Du lobby pétrolier ? Il serait temps d’arrêter l’hypocrisie et de permettre aux automobilistes de mettre ce qu’ils souhaitent dans leur moteur.
Après la PAC…
L’agriculture, pourtant, nous fournit un terrain d’entente avec Nicolas Hulot. L’abolition de la PAC est une mesure d’utilité publique, tant ce monstre bureaucratique est devenu inadapté au monde moderne. Mais je crois nécessaire d’aller plus loin, en transférant les crédits de la PAC vers la recherche et le développement, notamment en matière d’énergies alternatives, de nouveaux matériaux et revêtements. C’est une urgence devant les carences de l’Europe et de la France dans ces domaines. Par ailleurs, il est plus que temps de cesser cette course à la quantité produite dans le seul espoir d’obtenir des subventions, sans rapport avec les besoins réels des consommateurs. Tout le monde y trouvera son compte, les producteurs, les consommateurs, l’environnement. La sécurité sanitaire y gagnera, ainsi que les pays en voie de développement dont les petits producteurs ne seront plus assommés par le dumping européen.
Nicolas Hulot a largement mobilisé le débat public, avec un savoir faire médiatique consommé. Mais le ton qu’il emploie me trouble. En tant que citoyen, je veux être convaincu par la raison, par une argumentation fondée et vérifiable. Pas par la menace d’un cataclysme qui n’est au demeurant pas scientifiquement fondée : je n’apprécie pas qu’on manipule des peurs à des fins politiques, même bien intentionnées. L’enfer est pavé de bonnes intentions : ce n’est pas en accablant nos concitoyens de messages apocalyptiques que nous trouverons des solutions pertinentes. J’ai la conviction que c’est seulement en faisant appel au progrès et à l’innovation que nous réconcilierons le développement économique, la liberté individuelle et le respect de l’environnement.
Les propositions d'Alternative Libérale sur l'environnement:
http://www.alternative-liberale.fr/pr126-Environnement.html







