Un grand pays qui va mal
La France est un grand pays qui va mal : chômage
endémique, violences urbaines, stagnation du pouvoir d'achat, déficits
abyssaux, réformes impossibles, marginalisation sur la scène européenne
et internationale. Travaillée par le doute, tentée par le renoncement,
la société s'enfonce dans la crise et le déni des véritables enjeux.
Aujourd'hui, dans notre pays, ceux qui connaissent un
accident de parcours sont condamnés à des années d'exclusion, avec pour
seule perspective de vivre de la charité publique. Tandis qu'on
décourage les entrepreneurs, le soutien aux plus faibles se mue en
assistanat structurel. Le travail n'est plus perçu comme un échange
productif, promesse d'un épanouissement personnel, mais comme un maigre
privilège qu'il s'agit de protéger au prix de tous les renoncements.
L'action politique bégaie. Galvaudée par trop de
discours creux, l'idée même de réforme est devenue suspecte. Les élites
politiques, étatistes mitterrandiens ou chiraquiens confondus, ne
portent plus aucun espoir. Faute de résultats et de respect des
engagements, ils ont perdu tout crédit. Les succès électoraux des partis
extrémistes en témoignent : l'accumulation par milliers de lois,
règlements et décrets ne peut pallier l'absence de projet politique.
Débordée par l'inquiétude, la société se réfugie dans
les mythes et la dénonciation des boucs émissaires. Refusant les
réalités économiques d'un monde ouvert, les Français laissent filer les
déficits publics, hypothéquant le futur de leurs enfants. Toujours
prompts au mensonge, les corporatistes revendiquent le repli et
promettent des lignes Maginot pour se défendre d'un monde pourtant riche
d'opportunités.
Pour retrouver l'optimisme, la confiance et le goût de
l'avenir, pour regagner notre place dans le concert des nations
démocratiques, pour construire une France et un monde dans lequel nos
enfants pourront s'épanouir, nous devons rendre possible un nouveau
modèle de société.
L'alternative libérale
Ce changement que nous appelons de nos vœux, nous
l'appelons l'Alternative Libérale : un projet de société fondé sur le
libre choix de chacun pour la prospérité de tous. Le choix d'une France
qui fait confiance à ses citoyens, croit en son avenir et porte haut
dans le monde les idées de liberté qui sont au cœur de son héritage.
Nous ne voulons plus d'une société hiérarchisée,
dirigée par des énarques dogmatiques et des corporatistes archaïques.
Nous voulons une société où les individus s'organisent librement,
assument leurs choix et prennent leurs responsabilités. Lasse des
errements ruineux et des fausses solidarités imposées par un Etat aussi
centralisé qu'épuisé, la société civile doit reprendre l'initiative dans
tous les domaines.
Nos valeurs sont éternelles, ce sont celles de la
démocratie, de la liberté, de la responsabilité de chacun et de
l'égalité de tous devant les institutions. Porteurs d'un libéralisme
éthique, refusant l'utilitarisme, les conservatismes et l'inertie
sociale-démocrate, nous sommes la nouvelle génération libérale.
Las des querelles de clans et des rencontres
prétendues impossibles, nous voulons réunir dans l'action politique tous
les amoureux de la liberté. Nous voulons que notre pensée retrouve la
place qu'elle n'aurait jamais dû perdre dans le débat politique de notre
pays : celle d'une philosophie de la liberté et de l'épanouissement
individuel, gagnante pour tous.
Nous incarnons une nouvelle génération politique,
convaincue des vertus du courage et de la vérité, consciente des atouts
de notre pays dans le siècle qui s'ouvre. Nous sommes confiants en
l'avenir : forte d'un nouveau projet, la France ne décevra plus ses
citoyens et ses amis. Nous serons le sang neuf dont la politique a
besoin. Nous serons l'élan vers le changement.

Les adhérents d'Alternative Libérale s'engagent à
défendre les priorités suivantes dans leur action politique:
Refonder la démocratie
Afin de ranimer chez nos concitoyens le goût de la
politique et la confiance dans nos institutions, nous voulons une
réforme profonde de l'Etat : la séparation des pouvoirs est à
reconstruire.
Nous voulons un parlement réellement représentatif, qui exerce
pleinement son pouvoir législatif et contrôle effectivement l'exécutif.
Nous voulons des députés à temps plein, libres de fixer leur ordre du
jour, libres de contrôler le budget du pays, libres de débattre de
toutes les questions publiques, y compris en matière de défense et de
politique étrangère.
Afin de faire de la justice un réel troisième pouvoir,
nous voulons assurer son indépendance et la doter d'un budget
conséquent. Nous voulons une justice rendue dans des délais
raisonnables. Nous voulons une justice équitable, reconnue comme telle
par l'ensemble des citoyens.
Pour refonder la légitimité des associations,
syndicats et partis politiques, nous voulons réformer leurs modes de
fonctionnement et de financement. Nous refusons aussi que l'Etat
s'arroge le droit de décider lesquelles de ces organisations sont à ses
yeux représentatives.
Enfin, l'administration doit être remise
sous
contrôle. Aucune confusion entre intérêts publics et privés ne doit être
tolérée. Toute corruption avérée d'élus ou de hauts fonctionnaires doit
être sévèrement sanctionnée et entraîner leur mise à l'écart effective.
Libérer la société
La démocratie ne vaut que par la liberté qu'elle offre
à chaque citoyen de construire sa vie en faisant des choix et en les
assumant.
Le souci du législateur doit être d'élargir le champ
des libertés dans la mesure du possible et non de le restreindre. Aussi,
nous voulons reconquérir les libertés individuelles et collectives
érodées par des décennies d'acharnement législatif.
Nous voulons que chacun puisse faire de vrais choix en
matière d'éducation, de santé, de retraite ou d'assurance chômage. Nous
voulons que la liberté de penser et de s'exprimer ne soit soumise à
aucun contrôle étatique. Nous voulons que chacun puisse disposer de
lui-même dans la seule limite du respect des droits d'autrui.
L'organisation du travail doit aussi respecter les
choix de chacun. Nous croyons dans les vertus du contrat et de
l’association pour permettre une révolution du temps choisi et de la
multi-activité. Nous savons aussi que les technologies numériques
émergentes rendent possible de nouveaux modèles d'organisation :
utilisées à bon escient, elles seront porteuses de nouvelles libertés.
Enfin, parce qu'ils permettent de fonder la réussite
de chacun sur la seule satisfaction des autres, l'échange libre et
l'initiative individuelle doivent être protégés et respectés.
Retrouver la justice
Une société de justice ne peut se concevoir sans
égalité des droits. Nous combattrons donc farouchement tous les intérêts
et corporatismes qui entendent soumettre la communauté à leurs
privilèges.
pour que les lois soient applicables, nous voulons
qu’elles soient lisibles et régulièrement évaluées.
La justice n'est pas qu'une question de loi : si
l'égalité des chances et l'éradication de la pauvreté ne peuvent se
décréter, elles restent des idéaux à conquérir. Un échec scolaire ou
professionnel ne doit condamner personne à une exclusion durable : nous
voulons une société qui accepte le risque et offre à chacun une nouvelle
chance.
Parce que la propriété est un droit fondamental qu'on
ne peut limiter sans conséquences et parce que chacun doit pouvoir jouir
des fruits de son travail pour rester maître de sa vie, nous prônons une
réforme radicale de notre fiscalité, trop complexe et trop lourde pour
être équitable.
Une égale sécurité doit être garantie pour tous dans
le respect strict de la présomption d'innocence.
Enfin, parce qu'il ne peut y avoir de justice
véritable sans droit au recours, seule garantie contre l' arbitraire,
nous demandons la révision des procédures administratives.
Construire la prospérité
Il est temps de démythifier le marché. Une économie
prospère est le fondement de toute ambition sociale : nulle richesse ne
peut être partagée qui n'a d'abord été produite.
Nous voulons une économie dynamique qui crée les
opportunités nécessaires à la relance de l'ascenseur social. Nous
voulons une croissance forte, qui donnera à notre pays les armes pour
lutter contre la pauvreté qui le gangrène. Nous voulons une société
d'activité, où les ressources et les talents de chacun ne seront plus
gaspillés.
Pour atteindre ces objectifs, nous voulons encourager
l'initiative économique et la création de richesses. Nous voulons mettre
fin aux monopoles, rentes et protections d'Etat de toutes sortes, qui
entravent l'activité et dénaturent la concurrence. Nous voulons assainir
les finances publiques pour préserver les générations futures. Nous
voulons transformer la fiscalité, réformer le code du travail et créer
un environnement juridique et financier favorable à l'échange.
Enfin, parce que nous ne pourrons jamais construire
une Europe prospère dans un monde de misère, nous devons soutenir le
développement, désormais urgent, des pays pauvres. Nous demandons une
réforme de l'aide publique au développement, massivement détournée, et
la fin des subventions à l'exportation de nos produits, qui ravagent
leurs économies.
La responsabilisation de chacun et le principe du
libre contrat nous permettront de construire un monde ou la liberté et
le progrés seront mis au service des générations futures et de la
préservation de leur environnement.