Notre constat
L'humanité n'est pas immobile
L’humanité n’est pas immobile. Depuis quelques décennies, nous constatons une accélération des flux migratoires, même si ceux-ci ont toujours été naturels. La mondialisation consiste avant tout en une plus grande liberté dans les échanges, qui incluent les déplacements. Si la venue et l'installation de ressortissants étrangers sur le territoire national sont globalement perçues comme positives en phase de croissance économique, elle sont en revanche souvent ressenties comme un danger pour l'équilibre interne de la nation lorsque la situation économique est difficile. Les immigrants peuvent alors être présentés, dans une certaine vision malthusienne, comme une menace pour le marché du travail. Le « vol du travail des Français » participe du même esprit que celui qui a abouti à la loi des 35 heures. Le travail est vu comme un gâteau dont il faut partager les parts plutôt que comme une dynamique créatrice de valeur.
Bien que le cosmopolitisme de la France facilite l’acceptation des nouvelles cultures, avantage compétitif certain dans une économie mondialisée, une nouvelle tendance démagogique courante consiste à mettre en avant des difficultés d'assimilation ou d'intégration pour justifier l’incompatibilité culturelle de certaines populations avec les valeurs de notre pays. La question de l’Islam revient ainsi fréquemment dans le discours de ceux qui vivent de la diffusion de cette peur de la différence. Les filles et fils, petites-filles et petits-fils de l’immigration d’Afrique et du Maghreb continuent à être présentés, à la façon des vins d’appellation contrôlée, comme des Français « d’origine étrangère » plutôt que des Français maghrébins. Certes, des problèmes sociaux bien réels peuvent être exploités dans une perspective culturelle ou religieuse. La ghettoïsation de nombreuses banlieues avec les conséquences négatives inévitables qu’elle entraîne (chômage, délinquance et criminalité), les voitures brûlées quotidiennement et les émeutes de novembre donnent du poids à ce discours du repli identitaire. Mais l’assimilation difficile, sinon bloquée, résulte surtout du désastre du logement social, de notre modèle scolaire inadapté et de l’absence de dynamique économique, propres à notre interventionnisme étatique. Hélas, de « la France aux Français » à l’affaire du « plombier polonais », une certaine xénophobie se développe à gauche comme à droite en se nourrissant de ces discours fondés sur la peur. Les mesures de lutte contre la discrimination négative ou de promotion de la discrimination positive ne traitent que les symptômes et non les racines du mal. Ce n’est qu’en transformant l’école pour qu’elle puisse assurer correctement sa mission et en faisant de notre économie un modèle d’hypercroissance que ces angoisses identitaires s’amenuiseront pour enfin s’effacer des esprits.
Enfin, la principale source d'immigration en France n’est plus économique mais essentiellement due au regroupement familial. Or, en permettant à un immigré de faire venir sa famille proche (femme et enfants mineurs), même sous certaines conditions assez strictes, notre « Etat providence » fait directement peser le poids financier de la protection sociale sur la communauté nationale. Non seulement cet assistanat (aide au logement, assurance santé gratuite, aides diverses) ne facilite-t-il pas l’insertion sociale et économique de familles qui s’enferment souvent dans des conditions de vie durablement sordides avec le concours de l’Etat. Elle entretient également, auprès du grand public, l’image de familles qui viennent vivre sur le dos des contribuables captifs. Les discours de rejet se nourrissent de cette situation malsaine.
Notre vision
De l'assistance à la citoyenneté
L’immigration constitue avant tout une liberté de circulation des individus que les libéraux défendent depuis toujours. L’idéal libéral est celui d’un monde ouvert dans lequel chacun peut circuler librement dans le respect des droits d’autrui. Nous savons aussi que l’immigration répond aux besoins économiques et démographiques de l’Europe dont le taux de natalité n’assure plus le renouvellement de la pyramide des âges. L’histoire montre d’ailleurs que les sociétés les plus dynamiques et les plus prospères sont celles qui s’ouvrent sur le monde au lieu de se refermer sur elles-mêmes. L’arrivée de populations nouvelles nous ouvre des ponts vers de nouveaux horizons.
Notre modèle social dispendieux ne permet hélas pas d’offrir cette liberté à tous. En basculant progressivement d’un Etat omniprésent qui, par son poids, interdit l’arrivée d’un trop grand nombre d’individus économiquement fragiles, à une société libérale, nous permettrons une ouverture bien plus grande de nos frontières, les nouveaux migrants devant financer eux-mêmes leur couverture sociale et leur logement sans l’aide de l’Etat. En attendant, la dimension humanitaire de l’accueil des immigrants rend le débat terriblement complexe. Pas plus que les autres partis politiques, nous ne prétendons pas apporter une solution magique. Nous ne souhaitons pas non plus alimenter les peurs et nourrir une certaine forme de xénophobie par un discours trop simpliste.
Par ailleurs, nous pensons que c’est à l’Europe de gérer cette compétence afin qu’une politique homogène s’applique sur l’ensemble de son territoire. En attendant de parvenir à une véritable politique commune dans ce domaine, il nous parait prioritaire d’établir un parcours de la citoyenneté jalonné d’étapes importantes.
Pour commencer, le travail constitue un facteur essentiel d'intégration sociale. Il offre une autonomie financière, une valorisation sociale et permet de contribuer positivement aux charges collectives, notamment au travers de l’impôt sur le revenu et de la TVA acquittée. Aussi souhaitons-nous faciliter l’obtention de permis de travail aux immigrés résidant sur le territoire national, notamment pour les demandeurs d’asile tout au long du processus de traitement de leur dossier.
Evidemment, une école innovante et adaptée au profil des nouveaux arrivants, des parcours diversifiés et une meilleure formation professionnelle constituent des éléments clefs d’une telle assimilation, aussi bien culturelle qu’économique. L’acquisition de compétences valorisées est cruciale, particulièrement pour les individus peu qualifiés. L’apprentissage du français nous semble aussi essentiel dans la perspective d’obtenir un permis de séjour longue durée. Il est impossible de trouver sa place dans notre société sans en maîtriser la langue, ne serait-ce que pour suivre des formalités administratives, rechercher un emploi ou suivre une formation professionnelle.
Ensuite, tout individu qui maîtrise bien notre langue, après 5 années de résidence légale sur le territoire, n’a aucune raison de ne pas pouvoir participer à la vie démocratique locale. L’implication durable dans la vie sociale et économique d’une municipalité ne peut raisonnablement pas s’arrêter à l’urne, lors des scrutins locaux.
Enfin, la dernière étape pour acquérir la nationalité française consiste en un engagement solennel à reconnaître l’universalité de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et à en suivre les préceptes.
Nos propositions
Le parcours progressif de citoyenneté
• Permis de travail délivré aux demandeurs d’asile
Nous souhaitons que les individus dont la demande a été préalablement retenue, puissent légalement vivre de leur travail tout au long de la procédure d’examen de fond du dossier. Il ne nous parait pas normal que la collectivité nationale apporte une aide financière à des demandeurs et leur interdise de travailler. Nous pensons que l’aide doit relever d’associations et de fondations indépendantes et responsables de leur engagement caritatif. Le travail assure autant l’indépendance financière que l’insertion sociale des demandeurs.
• Octroi du droit de vote aux élections locales après 5 ans de résidence légale sur le territoire; à condition de maîtriser le français
Un examen linguistique et cinq années nous semblent suffisants pour connaître l’environnement local, s’impliquer dans la vie sociale et comprendre les enjeux du scrutin.
• Délivrance d’un permis de travail de courte durée, renouvelable, aux étrangers résidant sur le territoire qui disposent d’une proposition d’embauche
Pour lutter contre le travail clandestin et l’exclusion des immigrés clandestins, nous suggérons l’octroi plus simple de papiers pour une courte durée, facilement renouvelable en cas d’activité rémunérée. Nous disposons là d’une première étape dans le processus d’intégration économique. Après quelques années de travail ainsi reconnu et fiscalisé, l’octroi d’un permis de longue durée prendrait tout son sens. N’oublions pas que le travail permet aussi à l’immigré de financer son logement et sa couverture santé minimale sur le marché des assurances et des mutuelles, notamment dans un cadre qui n’offre plus de soutien public aux nouveaux arrivants.
• Engagement à respecter notre constitution et les Droits de l’Homme et du Citoyen pour acquérir la citoyenneté française
Dernière étape pour acquérir la citoyenneté, nous demandons un engagement formel du demandeur. Egalité homme – femme, respect des droits d’autrui et des règles de la république constituent quelques valeurs essentielles pour signer le pacte social et intégrer la communauté nationale.